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Décès de Michel-J. Gaillard

Décès de Michel-J. Gaillard

Professeur à l’IPNL et à l’IUT, Michel Gaillard était un chercheur passionné, investi tout au long de sa carrière dans les projets scientifiques et tout particulièrement attentif à l’articulation entre les enjeux scientifiques et leurs réalisations techniques. À travers son engagement fort dans la recherche, l’enseignement et dans les missions de direction, Michel J. Gaillard a marqué la vie de l’Institut par son honnêteté, son intégrité, sa disponibilité et son sens de l’écoute.

C’est avec beaucoup de peine et une grande tristesse que ses collaborateurs et amis ont appris le décès de Michel Gaillard, le 12 avril dernier, au cours de sa quatre-vingt-unième année.

Né à Alger, il suit une formation universitaire en physique à l’Institut d’Études Nucléaires d’Alger puis rejoint, en 1964, l’IPNL alors dirigé par Armand Sarrazin. En 1967, il soutient sa thèse sur la structure nucléaire par réactions de simple et double transferts auprès du synchrocyclotron sous la direction de Louis Feuvrais. Nommé professeur à 36 ans, il effectuera l’ensemble de sa carrière au Laboratoire.
Michel Gaillard était un chercheur passionné, investi dans les projets scientifiques et tout particulièrement attentif à l’articulation entre les enjeux scientifiques et leurs réalisations techniques. Sa carrière de chercheur a été jalonnée par de nombreux résultats de premier plan reconnus par la communauté scientifique internationale. On relèvera notamment la transmission d’ions moléculaires dans les cibles solides minces, la mesure du spectre d’émission radiative d’électrons de 54 MeV canalisés dans un cristal, l’interaction électromagnétique de particules chargées ultrarelativistes et de photons de très haute énergie avec un cristal, et la multifragmentation d’agrégats d’hydrogène. Très engagé dans la réalisation des expériences de physique auprès des accélérateurs, Michel Gaillard a travaillé à l’IPNL auprès du Synchrocyclotron, du Van de Graff-2,5 MeV, du Cockcroft-Walton mais aussi auprès de l’Accélérateur Linéaire de Saclay, au GANIL à Caen et au CERN, en collaboration avec de nombreux chercheurs dans le cadre de collaborations internationales, et tout particulièrement avec son collègue et ami,Maurice Spighel, physicien des particules au LAPP. Avec les équipes techniques de l’IPNL et le groupe Interactions Particule-Matière dont il a été responsable depuis sa création en 1989, Michel Gaillard a porté le projet post-accélérateur RFQ auprès de l’accélérateur Cockcroft-Walton ; projet européen qui fut une première d’un point de vue technologique à la fois dans la technique d’accélération par quadrupôle radiofréquence mais aussi dans la capacité d’accélérer des agrégats moléculaires à des énergies supérieures au MeV. C’est la réussite de ce projet qui fut la clé des résultats scientifiques majeurs en physique des agrégats publiés dans les annés1995-2005 notamment dans la revue Physical Review Letters.

Michel Gaillard a effectué la partie enseignement de sa carrière à l’IUT de Lyon dans le département Génie Électrique et Informatique Industriels. Il a participé à sa création en 1967 au sein du Lycée de la Martinière, en mettant en place le module d’électronique et en assurant des Cours et Travaux Dirigés en première année. En 1974, il a pris part à l’installation du département dans les locaux actuels de l’IUT, rue de France à Villeurbanne. Il a participé activement au renouvellement permanent de l’enseignement de l’électronique exigé par les progrès continus et rapides de cette matière. Il était estimé des étudiants et de tous ses collègues qui appréciaient sa rigueur, son honnêteté sans faille et son sens des responsabilités alliés à une courtoisie, une sensibilité et une gentillesse remarquables. Il était aussi “Le Professeur" qui accueillait les nouveaux en donnant des conseils et en transmettant son expérience de l’électronique aux "petits jeunes" avec gentillesse et respect.
De 1975 à 1986, Michel Gaillard a accepté la charge de Responsable des Personnels Techniques, essentiellement agents administratifs de l’UCBL, I.T.A. du CNRS et Contractuels de Physique Nucléaire de l’IN2P3, corps dont il accompagnera la titularisation (1984-1986). Il a rationalisé la gestion statutaire de ces cadres en préparant la tenue des Commissions Paritaires Nationales en concertation avec les élus du personnel. Il a procédé à une actualisation complète des dossiers afin de permettre un « suivi de carrière » équitable d’agents aux métiers parfois difficilement comparables, et veillé à un bon équilibre entre les propositions des différents laboratoires de l’IN2P3. Localement, il a tenté d’assurer au mieux l’adaptation aux besoins en personnels des groupes de recherche dans un contexte de réduction des recrutements ; il a réussi, grâce à son sens de la diplomatie, à résoudre les petits conflits quotidiens, au mieux des intérêts communs des agents et des groupes de recherche et services généraux.
À travers son engagement fort dans les projets scientifiques, dans l’enseignement et dans les missions de direction, Michel J. Gaillard a marqué la vie de l’Institut par son honnêteté, son intégrité, sa disponibilité et son sens de l’écoute.

Bernadette Farizon, Michel Farizon, Roger Genre, Daniel Drain